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Concerts / Orchestre du Capitole - Marc Minkowski, direction,
Jérôme Pernoo, violoncelle - 24/03/2011 |
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CRITIQUE
De toutes les couleurs
Un programme en forme de puzzle attendait les spectateurs du concert donné le 24 mars dernier par l’Orchestre national du Capitole. Fauré, Offenbach, Mendelssohn, il est vrai, n’ont pas grand chose en commun, mais il est bon de goûter à la diversité. Marc Minkowski, le fondateur des Musiciens du Louvres, a peu à peu acquis la réputation justifiée de rendre à Offenbach ses lettres de noblesse. Il consacrait ainsi le cœur de son concert toulousain à une œuvre rare et iconoclaste de l’auteur des Contes d’Hoffmann, son concerto pour violoncelle et orchestre.
L’histoire compliquée de cette partition de jeunesse ressemble à une enquête de police. Jusqu’à récemment, seul le premier mouvement était intégralement disponible avec son orchestration. Il y a peu de temps, le musicologue Jean-Christophe Keck a découvert le manuscrit complet de l’Andante dans les archives de la ville de Cologne, et celui du Rondo final à la Library of Congress de Washington. Enfin réunis, les trois mouvements composent un concerto d’un exceptionnel développement que Marc Minkowski et Jérôme Pernoo ont enregistré en 2006.
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Le violoncelliste Jérôme Pernoo et le chef d'orchestre Marc Minkowski, dans le concerto pour violoncelle et orchestre d'Offenbach © Classictoulouse |
C’est avec ces mêmes interprètes que Toulouse a donc découvert, en création locale, cette partition baptisée, avec quelques raisons, « Concerto militaire ». Le violoncelliste Jérôme Pernoo, avec beaucoup de courage, se lance dans la bataille sans se ménager. Reconnaissons que les performances qui lui sont demandées sortent nettement de la routine. Si ce n’est jouer la tête en bas et les pieds au mur, il est peu de pirouettes instrumentales qui ne soient pas exigées du soliste. Une solide technique du démanché et du jeu en harmoniques est ici indispensable. On ne peut donc qu’admirer les risques pris par le soliste auquel on doit largement pardonner les quelques rares scories qui affectent certains de ces passages périlleux. Le propos d’Offenbach est ici essentiellement martial. Mais comme on peut l’imaginer aisément, tout cela se pratique sur le mode de l’humour. Ici ou là quelques fanfares tonitruantes semblent n’avoir d’autre but que de faire sursauter le bourgeois sur son fauteuil. La fête ouvre l’Allegro maestoso initial, alors que l’Andante offre un très beau duo entre le violoncelle soliste et le premier violon (ici l’excellent Laurent Pellerin). Quant au Rondo final, il prend des allures de gag musical à la Gerard Hoffnung, cet humoriste qui organisait à Londres des concerts désopilants. Comment ne pas l’évoquer lorsqu’on découvre au détour d’une cadence de « ouf » un duo entre le violoncelle et… le tambour ! L’orchestre et son chef jouent le jeu dans cette débauche d’effets qui déclenche un tonnerre d’applaudissements. Jérôme Pernoo et l’orchestre apaisent alors l’atmosphère avec une aimable transcription de la fameuse Barcarolle des Contes d’Hoffmann du même Offenbach. |

Marc Minkowski dirigeant l'Orchestre national du Capitole © Classictoulouse |
Le contraste n’est pas mince avec la Symphonie Ecossaise de Felix Mendelssohn qui suit cette démonstration. Encore que l’adrénaline dégagée par le concerto d’Offenbach semble avoir un peu débordé sur cette belle symphonie dont Marc Minkowski offre une vision surexcitée. Ainsi le Vaisseau Fantôme de Wagner pointe nettement sa proue dans le fiévreux premier mouvement. La timbale mène la danse dans le Scherzo, alors que la seule détente provient de l’Adagio cantabile. Un Finale maestoso ravageur conclut cette exécution haute en couleurs.
Il faut enfin saluer la grande beauté, l’interprétation raffinée de la musique de scène Shylock, de Gabriel Fauré, qui ouvrait la soirée. La fière solennité de l’Entracte, la tendresse infinie du Nocturne, le chaleureux crescendo de cordes de l’Epithalame, la vivacité dynamique du Finale, renouent avec la belle clarté dont l’Orchestre du Capitole est capable et que Marc Minkowski sait ici animer avec ferveur.
Serge Chauzy
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infos |
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Programme du concert du 24 Mars 2011 à 20 h, à la Halle aux Grains de Toulouse :
* G. Fauré
- Shylock, op. 57, musique de scène (extraits)
* J. Offenbach
- Grand concerto pour violoncelle et orchestre
"Concerto militaire"
* F. Mendelssohn
-Symphonie n°3 en la mineur, op. 56,
"Écossaise"
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