|
|
Concerts / Orchestre du Capitole - Bruno Mantovani, direction -
Hae-Sun Kang, violon - 13/11/2010 |
| |
|
|
ANNONCE
Musiques nouvelles, musique vivante
Alors qu’il endosse sa nouvelle fonction de compositeur associé à l’Orchestre national du Capitole, Bruno Mantovani, compositeur imaginatif et fin musicien, dirige pour la première fois la phalange toulousaine dans un programme entièrement dédié aux musiques qualifiées parfois « d’avant-garde ». Le soir du 13 novembre, un public nombreux, curieux et apparemment heureux de découvrir un répertoire actuel accueille avec enthousiasme cette initiative liée au festival Novelum.
|

Le compositeur et chef d'orchestre Bruno Mantovani présentant le concert du 13 novembre 2010 © Classictoulouse |
Qui l’eût cru ? Une Halle aux Grains pleine de spectateurs chaleureux et ouverts à l’innovation musicale, on n’osait l’espérer. Les tentatives avortées de vulgarisation, au sens le plus noble du terme, de la production musicale contemporaine auraient pu décourager les initiatives. Remercions l’Orchestre du Capitole d’avoir saisi la balle au bond en rejoignant le festival Novelum fondé en 1998 par le compositeur toulousain Pierre Jodlowski. Après tout, l’histoire de la musique ne s’arrête pas au romantisme. Elle reste en perpétuelle métamorphose et nous réserve toujours le bonheur de la découverte.
Le programme très intelligemment conçu par Bruno Mantovani pour son concert inaugural brosse un tableau significatif et coloré de la production actuelle. Même si cette actualité commence à Edgar Varese et son septuor pour instruments à vent et contrebasse, Octandre, datant de 1923 ! Œuvre prophétique, violente, dramatique, tout imprégnée d’une angoissante effervescence que les musiciens de l’Orchestre national du Capitole s’approprient avec panache. Un grand bravo à Christian Fougeroux pour son impressionnant solo de hautbois.
Autre jalon incontournable, la Sequenza VIII pour violon, de Luciano Berio, conjugue virtuosité et richesse polyphonique. Un comble pour un instrument monodique. La vitalité sobre, la tension constante du jeu de la violoniste coréenne Hae-Sun Kang portent cette page emblématique à l’incandescence. |
La violoniste sud-coréenne Hae-Sun Kang, Bruno Mantovani et des membres de
l'Orchestre national du Capitole pendant l'exécution de (D')Aller, de Philippe Leroux
© Classictoulouse |
Pierre Boulez ne pouvait être absent de ce panorama non exhaustif. Avec Dérive 1, datant de 1984, Bruno Mantovani a choisi une partition charmeuse et chatoyante. Oui, dans le même esprit qu’une sérénade de Mozart, cette pièce explore un monde sonore immédiatement séduisant dans lequel flûte, clarinette, vibraphone, piano, violon et violoncelle échangent, prolongent leurs propos dans un recours constant à la résonance.
Deux pièces récentes complètent ce brillant tableau. La pièce centrale du triptyque composé sur le thème du mouvement par Philippe Leroux, né en 1959, s’intitule (D)’Aller. Que voici une musique scintillante, une musique joyeuse, une musique du bonheur ! Se rattachant au mouvement « spectral », elle adopte la structure d’un véritable concerto pour violon et 16 instruments. Virtuose en diable, son écriture ne ménage pas la partie soliste à laquelle elle destine deux cadences redoutables d’exécution, surtout la seconde. Hae-Sun Kang y est éblouissante de finesse et de panache.
La plus récente des pièces proposées ce soir-là est signée Bruno Mantovani lui-même. Créée en 2006 et intitulée Streets, elle traduit en quelque sorte l’énergie qui émane des rues de New York. Dense, mais toujours transparente, la trame instrumentale reste mobile et fluide. L’instrumentarium réunit un dizaine de musiciens équitablement partagés entre cordes et vents, avec la contribution stratégique d’une riche percussion. Là aussi les membres de l’orchestre défendent crânement cette très belle œuvre que l’on aimerait réentendre bientôt.
Enfin rendons grâce au compositeur-chef d’orchestre-pédagogue Bruno Mantovani qui présente chacune des pièces interprétées avec un grand talent de communiquant, choisissant l’image qui frappe, le détail qui touche. Simple et toujours juste, son commentaire va à l’essentiel, sans prétention ni pédantisme aucun. Bravo !
Souhaitons des prolongements féconds à cette belle initiative.
Serge Chauzy |
|
|
infos |
| |
|
|
| |
Programme du concert du 13 novembre 2010 à 20 h, à la Halle aux Grains de Toulouse :
*E. Varese
- Octandre
* P. Leroux
- (D’) Aller, concerto pour violon
et 16 instruments
* P. Boulez
- Dérive 1
* L. Berio
- Sequenza VIII pour violon
* B. Mantovani
- Streets
|
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
|
|
| |
2010-2011 |
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
|
|
|