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Concerts/
Orchestre du Capitole /
Joseph Swensen , direction -
Geneviève Laurenceau, violon -
29/04/2010 |
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CRITIQUE
Le violon généreux
C’est au pied des gradins de l’auditorium Saint-Pierre des Cuisines que l’Orchestre National du Capitole recevait son public, le 29 avril dernier : lieu inhabituel, pour la phalange toulousaine, choisi pour cause d’occupation de la Halle aux Grains par les imposants décors d’Elektra, opéra en cours de représentation dans le cadre de la saison du théâtre du Capitole.
Paradoxalement, la formation symphonique ne perd rien de son opulence dans cette salle plus couramment consacrée à la musique de chambre. Aucune saturation, même pour un auditoire très proche, une grande précision des timbres bien différenciés et puis, pourquoi ne pas le noter, un silence plus prononcé du public, du fait d’une jauge pratiquement divisée par cinq par rapport à la Halle aux Grains. Bref, le plaisir de l’écoute est au rendez-vous.
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Genevière Laurenceau, soliste du concerto n° 2 de Prokofiev. L'Orchestre National du Capitole est dirigé par le chef d'orchestre américain Joseph Swensen
(Photo Classictoulouse)
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Le chef d’orchestre américain Joseph Swensen, fréquemment invité à Toulouse, renoue là avec bonheur avec des musiciens qu’il aime et qui l’apprécient, si l’on en juge par les acclamations qu’il reçoit de leur part en fin de concert.
Et puis quel bonheur de redécouvrir le grand talent de Geneviève Laurenceau, violon solo de l’orchestre, dans son rôle de soliste du concerto programmé ! Après sa prenante interprétation du 1er concerto de Chostakovitch en décembre 2008, la voici qui s’empare de ce splendide 2ème concerto de Prokofiev pour le mener de sa nostalgique introduction à son terme éblouissant d’un archet souverain. Sonorités généreuses et habilement différenciées, précision diabolique de chaque trait, son jeu épouse avec une étonnante acuité les multiples changements d’humeur qui caractérisent cette partition : de la plus fragile des sensibilités à l’âpre et rugueuse ironie. Le chant élégiaque qui émane du génial motif de l’Andante assai serre la gorge d’émotion. Le final hallucinant, comme une danse sur un volcan, donne le vertige. L’orchestre, dirigé de main de maître, épouse chaque nuance, lyrique ou implacable, avec cette exactitude indispensable d’un rythme inextinguible qui nourrit toute l’œuvre.
Un bis particulièrement original répond à l’enthousiasme du public : le Caprice Polonais, pour violon seul, de la violoniste et compositrice polonaise Grazyna Bacewicz, datant de 1949, mêle une fois encore émouvant lyrisme et virtuosité décoiffante.
Cette interprétation mémorable du concerto était précédée d’une prodigieuse exécution de l’ouverture « Les Hébrides » du jeune Mendelssohn. Joseph Swensen l’aborde avec cette sensibilité touchante qui naît d’un sens mystérieux de la respiration musicale et d’un pouvoir de susciter les couleurs les plus rutilantes d’un orchestre particulièrement réceptif. Nourri d’une dynamique parfaitement dosée, le déroulement de la partition ménage des transitions impalpables qui font que l’auditeur retient sa respiration.
La symphonie n° 1 « Le Printemps », qui occupe toute la seconde partie du concert, est l’œuvre d’un Schumann heureux et terrien. Joseph Swensen justifie par sa direction le vers qui figure en exergue de la partition « Dans la vallée fleurit le printemps… » : verdeur réjouissante des fanfares de cuivres, élan irrésistible d’une ardeur juvénile. Un Larghetto rêveur à souhait, un Scherzo passionné, rythmé comme une danse (on ne peut s’empêcher de penser à la symphonie « Pastorale » de Beethoven), conduisent vers ce final complexe et foisonnant. Les pupitres de cordes soutiennent le rythme et l’agitation joyeuse que ponctuent les bois toujours aussi volubiles. Une sorte de chant de bonheur anime toute cette interprétation imprégnée d’une lumière panthéiste.
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme du concert du 29 avril, à 20 h, à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines :
* F. Mendelssohn
- Ouverture "Les Hébrides" ou "La grotte de Fingal" op. 26
* S. Prokofiev
- Concerto n° 2 pour violon et orchestre op. 63
* R. Schumann
- Symphonie n° 1 op. 38
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