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Concerts/
Orchestre du Capitole /
Tugan Sokhiev, David Fray, piano -
Miah Persson, soprano - 04/03/2010 |
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CRITIQUE
Vienne et ses splendeurs
Deux œuvres étaient au programme du concert donné le 4 mars à la Halle aux grains par l’Orchestre National du Capitole de Toulouse sous la direction de son chef, Tugan Sokhiev. Deux seulement, mais quelles œuvres ! Elles figurent parmi ce que Vienne a offert de plus significatif au monde la musique. Mozart et Mahler, deux faces d’un même trésor culturel, nourrissaient ce programme stimulant. |

David Fray et l'Orchestre du Capitole sous la direction de Tugan Sokhiev dans le concerto KV 503 de Mozart
(Photo Classictoulouse)
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De Mozart, le concerto pour piano et orchestre n° 25, en ut majeur KV 503, ne figure pas parmi les plus souvent visités par les grands solistes du moment. Le jeune et talentueux David Fray avait ainsi choisi d’offrir ce chef-d’œuvre au public toulousain. Un public bien indiscrètement enrhumé ce soir-là (un simple mouchoir devant la bouche joue pourtant parfaitement bien le rôle d’une sourdine musicale !)
Partition grandiose, solennelle, composée pour une formation instrumentale opulente, ce concerto recèle pourtant quelques pépites d’intimité. Après une introduction orchestrale d’une exceptionnelle ampleur, le piano entre presque sur la pointe des notes. David Fray traduit ces premières mesures avec une délicatesse qui donne les larmes aux yeux. L’émotion naît d’abord d’un toucher d’une profonde tendresse. Une sensibilité à fleur de peau caractérise le jeu de ce jeune artiste, nerveux en diable, imaginatif et concerné. Tout au long des trois mouvements de l’œuvre, il ne cesse de dialoguer avec chaque pupitre de l’orchestre, attentif à chaque réplique, provoquant celles, nombreuses, des instruments à vent avec lesquels il établit une véritable discussion. Son propos se pare d’une impressionnante palette de nuances. Il « gère » avec finesse la fameuse guirlande thématique comme inspirée de notre « Marseillaise » de l’Allegro Maestoso initial. Poétique au possible dans l’Andante, il reste raffiné et intense dans le brio du final. L’orchestre lui tisse un accompagnement d’une lumineuse beauté. Un bis tout aussi tendre et inspiré retrouve David Fray à l’aise dans le grand répertoire romantique. Les deux derniers volets des « Kinderszenen » (Scènes d’enfant) de Schumann résonnent sous ses doigts comme une douce prière. |

Tugan Sokhiev et la soprano suédoise Miah Persson dans le final de la symphonie
n° 4 de Mahler (Photo Classictoulouse) |
La 4ème symphonie de Gustav Mahler, qui occupe la seconde partie de la soirée, est probablement la plus « mozartienne » de toutes. L’abordant ici pour la première fois, Tugan Sokhiev se coule avec une aisance impressionnante dans le grand style viennois fin de siècle. L’orchestre, rutilant et intense, suit, paradoxalement avec précision, la souplesse extrême de la direction. Les premières mesures, légères, cristallines, débouchent peu à peu sur un discours musclé, par moments explosif, mais toujours récupéré par une ritournelle apaisée et même pleine d’humour. Cette dimension ironique, faussement complaisante, affleure à tout moment dans la lecture fine et subtile de Tugan Sokhiev. Le violon « désaccordé » du deuxième mouvement prend des allures de crin-crin macabre, sous l’archet expert de Geneviève Laurenceau qui réalise ce soir-là quelques solos éblouissants. Le sommet expressif de l’Adagio, indiqué « Ruhevoll » (Tranquille) par Mahler, bouleverse par l’émotion qu’il véhicule, jusqu’au basculement vertigineux de sa coda, vision d’infini qui se prolonge dans un final paradisiaque. Le « vert paradis des amours enfantines » irrigue tout le final de son lied « Das himmlische Leben » (La vie céleste). La soprano suédoise Miah Persson, blondeur angélique de silhouette comme de voix, met des mots sur cette douceur sereine d’une voix lumineuse et juvénile, une douceur à peine bousculée par le retour de thèmes précédents. Le silence prolonge idéalement cette paix céleste retrouvée. Comme un grand soupir de bonheur…
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme du concert du 4 mars 2010, à 20 h, à la Halle aux grains :
* W. A. Mozart
- Concerto n° 25 pour piano et orchestre en ut majeur KV 503
* G. Mahler
- Symphonie n° 4 en sol majeur
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Les saisons musicales
lyrique et
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2010-2011 |
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