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Concerts/
Orchestre du Capitole /
T. Sokhiev, V. Gluzman - 09/09/09 |
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CRITIQUE
Evénement découverte
Une double découverte était au programme du concert d’abonnement de l’Orchestre du Capitole du 9 septembre dernier. Sous la direction fulgurante de Tugan Sokhiev la phalange toulousaine recevait pour la première fois le violoniste israélien Vadim Gluzman et assurait la première exécution in loco de la 4ème symphonie de Dimitri Chostakovitch. |

Vadim Gluzman, Tugan Sokhiev et l'Orchestre du Capitole pendant l'exécution du
concerto de Tchaïkovski
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Le concerto pour violon et orchestre de Tchaïkovski représente l’essence même du concerto romantique déroulant son tapis rouge à la mise en valeur des grands virtuoses. Vadim Gluzman possède il est vrai tous les atouts d’un virtuose hors pair : une technique éblouissante, une sureté absolue, une perfection sonore rare. Mais ses qualités en font un musicien authentique, bien plus qu’un funambule de l’archet.
Dès ses premières interventions, son timbre doré, chaleureux, intense, la richesse de ses phrasés fascinent immédiatement. Et quelle projection sonore ! Son Stradivarius, qui fut joué par Leopold Auer, le dédicataire de ce concerto, chante à la manière d’un grand soprano dramatique. Vadim Gluzman manifeste autant de qualités dans la véhémence que dans la finesse. Le lyrisme irrésistible des mouvements extrêmes encadre la rêverie souriante de la Canzonetta.
Reconnaissons qu’il bénéficie d’un environnement orchestral idéal. Tugan Sokhiev obtient de ses musiciens une plénitude sonore d’une grande homogénéité tout en soulignant ici et là les détails les plus savoureux de la partition. Le basson, la clarinette en particulier épicent le discours de leurs splendides solos. La connivence naturelle entre le soliste et le chef arbore souvent un sourire d’amusement.
Le succès public est tel que Vadim Gluzman joue en bis le premier mouvement, « Obsession », de la sonate n° 2 d’Eugène Ysaÿe, cet étonnant délire autour de Bach et du Dies Irae. |

Tugan Sokhiev et l'Orchestre du Capitole dans la 4ème symphonie de Chostakovitch |
L’exécution, pour la première fois à Toulouse, de la symphonie n° 4 de Chostakovitch restera dans les annales ! Cette œuvre difficile, angoissante, torturée a dû être retirée de l’affiche dès ses premières répétitions en 1936, sous la pression politique de l’époque. On comprend pourquoi. De l’explosion initiale au silence progressif et glaçant de la conclusion, elle chemine dans les soubresauts convulsifs de la souffrance et de la dérision. Car la plus « mahlérienne » des symphonies de Chostakovitch emprunte le plus souvent la voie du sarcasme, de l’ironie, pour évoquer irrémédiablement l’approche de la mort. Tugan Sokhiev agence avec intelligence et sensibilité toutes les pièces de ce puzzle géant. D’une concentration extrême, il reste attentif à chaque détail, déchaîne les tempêtes et soigne les blessures ouvertes. L’orchestre le suit dans sa démarche avec une précision diabolique et la richesse de ses sonorités. Chaque solo instrumental doit être loué, de la flûte au basson, des harpes au cor, des clarinettes aux tubas, sans oublier l’impressionnant solo de trombone (un grand bravo à David Loqueneux). Triomphe absolu !
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme du concert du 9 september 2009, à 20 h, à la Halle-aux-Grains
* P. Tchaïkovski
- Concerto pour violon et orchestre et ré majeur
op. 35
* D. Chostakovitch
- Symphonie n° 4 en do mineur op. 43
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Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
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2009-2010 |
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