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Concerts/
Orchestre du Capitole /
Olari Elts, Henning Kraggerud
08/01/2010 |
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CRITIQUE
Révolutionnaire
Venu de son Estonie natale, le bouillant chef d’orchestre Olari Elts dirigeait l’Orchestre du Capitole, le 8 janvier dernier, avec une fougue, une énergie et une science qui ont réjoui un public bravant les intempéries. Le jeune et brillant violoniste norvégien Henning Kraggerud assurait la partie soliste de cette soirée consacrée à un répertoire somme toute assez traditionnel associant Brahms, Mozart et Beethoven. Mais l’intérêt résidait dans l’art et la manière d’aborder ce répertoire.
Etonnant comme la sonorité d’un orchestre peut dépendre de la baguette qui le conduit ! Olari Elts obtient de la formation toulousaine une autre couleur, une autre clarté, un relief analytique qui se démarque de la puissante pâte orchestrale que lui confère son directeur musical, Tugan Sokhiev. En outre, le chef estonien remanie la disposition traditionnelle des pupitres sur le podium. Les seconds violons se déploient à droite, échangeant ainsi leurs chaises avec les altos qui jouxtent donc alors les premiers violons. La modification des échanges entre les cordes qui en découlent contribue probablement à ce subtil changement sonore. |
Le violoniste norvégien Henning Kraggerud et le chef d'orchestre estonien Olari Elts
(Photo Classictoulouse) |
Quoiqu’il en soit, la personnalité et la conviction du chef se manifestent dès l’Ouverture Tragique de Brahms. Transparence, dynamique brossent un tableau sonore comme en relief. La direction acérée d’Olari Elts dégage la partition des brumes qui parfois accompagnent les grandes pages du compositeur.
La vision que nous offre le chef de la 3ème symphonie « Eroica » de Beethoven renouvelle indéniablement le propos. Elle résulte d’une conjonction de facteurs musicaux judicieusement mis en œuvre : vibrato minimal des cordes, arêtes vives des accents, dynamique rebondissante, soin extrême des détails rythmiques participent d’une agogique engagée et volontaire. De nombreux épisodes prennent un relief étonnant grâce à l’utilisation de crescendos et de decrescendos habilement combinés. A l’énergie explosive de l’Allegro initial succède le déroulement implacable de la Marche funèbre. La relative détente du Scherzo ne fait que préparer l’auditeur à l’habile construction du final. Comme un grand escalier dont on gravit les marches, cet Allegro molto s’édifie sur une progression inexorable vers l’apothéose enthousiaste de la coda. Ici aussi la transparence de la structure sonore n’alourdit jamais le discours d’une œuvre qui, décidemment, conserve au-delà des auditions multiples son impact révolutionnaire.
Entre ces deux exécutions symphoniques prenait place la belle prestation de Henning Kraggerud dans le 4ème concerto pour violon et orchestre de Mozart. La sonorité raffinée et lumineuse du jeune violoniste norvégien trouve immédiatement le ton juste de cette partition de jeunesse (presque un pléonasme pour ce qui concerne Mozart !). A la suite d’un Allegro joyeux et juvénile, l’Andante cantabile déroule son aimable discours auquel le soliste confère une certaine gravité, une concentration méditative. Enfin, le Rondeau final s’écoute comme un jeu d’échanges entre le violon et l’orchestre. La communion est ici totale. Henning Kraggerud truffe toute l’œuvre de cadences habiles et spirituelles qui en épicent le déroulement.
Acclamé par le public, le violoniste convoque tout l’orchestre pour lui offrir un bis de luxe : une pièce lyrique et nostalgique intitulée « Abendstimmung » du compositeur norvégien Christian Sinding, disparu en 1941. Un hommage de l’interprète à ses propres racines.
Serge Chauzy |
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infos |
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Programme du concert du
8 janvier 2010, à 20 h, à
la Halle-aux-Grains :
* J. Brahms
- Ouverture tragique
* W. A. Mozart
- Concerto pour violon et orchestre n° 4
* L. van Beethoven
- Symphonie n° 3 "Eroica"
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