ARCHIVES
|
| |
| |
.jpg) |
| |
|
Concerts / Orchestre du Capitole - J. Swensen (10/01/09) |
| |
|
|
CRITIQUE
Comme un arbre qu’on abat
Avec l’exécution de la sixième symphonie de Mahler, le 10 janvier dernier, Joseph Swensen pose un jalon important de l’intégrale qu’il a entamée dès 2002 à la tête de l’Orchestre du Capitole. Contrairement à toutes les autres symphonies du compositeur, la plus pessimiste, la plus dramatique de toute la série s’achève sur une défaite cataclysmique sans espoir.
|
Le chef d’orchestre Joseph Swensen acclamé à la fin du concert
|
Joseph Swensen conçoit cette partition noire et flamboyante comme une vaste fresque dont chaque épisode possède un caractère fort et bien affirmé. Il n’en soutient pas moins la grande ligne et la continuité indispensable du discours. Analyse et synthèse se complètent ici magnifiquement, portées par une ample respiration de la phrase mahlérienne.
Ainsi, il aborde l’allegro energico initial sur un tempo large et mesuré qui campe un décor inquiétant. L’éclosion du second motif, le fameux thème d’Alma, d’un lyrisme éperdu par lequel le compositeur évoque son épouse, emporte l’auditeur vers des horizons infinis. Quant à la dramatique coda de ce premier volet, le chef et son orchestre en font une bouleversante éruption volcanique qui serre la gorge.
La caricature sardonique, grinçante même, n’est heureusement pas absente du scherzo. Une caricature qui contraste avec ces passages d’une tendresse secrète et touchante. Seule plage de détente, de repos presque pastoral, l’andante réchauffe un instant le cœur par sa sérénité. Soignant tout particulièrement le phrasé des cordes, Joseph Swensen confère à cette étape son caractère chaleureux et émouvant.
Enfin, l’allegro moderato final déploie sa flamboyante noirceur dans une implacable course à l’abîme. Joseph Swensen y déclenche les paroxysmes les plus extrêmes sans que le son orchestral ne sature jamais. Le coup de marteau qui à trois reprises abat comme un arbre le « héros » trop humain retentit dans son inexorable rigueur.
Tout au long de cette aventure dramatique, l’orchestre brille de tous ses feux. Chaque pupitre, chaque instrument y joue son rôle. De l’impertinence de la clarinette (excellent David Minetti) à la beauté du cor « consolateur » de Jacques Deleplancque, en passant par la trompette victorieuse de René-Gilles Rousselot, le hautbois champêtre de Christian Fougeroux et le premier violon tour à tour tendre et impérial de Geneviève Laurenceau, chacun apporte la force de son talent et s’insère avec esprit dans la vision forte et contrastée de Joseph Swensen.
Un véritable triomphe accueille cette exécution. Non seulement le public manifeste bruyamment sa satisfaction, mais également les musiciens ménagent à leur chef invité une chaleureuse ovation. La suite de l’intégrale se présente donc sous les meilleurs auspices.
Serge Chauzy
|
|
|
infos |
| |
|
|
|
Programme du concert :
* G. Mahler
- Symphonie n° 6
|
| |
| |
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
2008-2009
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|