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Concerts / Orchestre du Capitole - T. Sokhiev - A. Soumm (04/12/2008)
     

CRITIQUE

Le bonheur en musique

Le concert que donnait, le 4 décembre dernier, l’Orchestre du Capitole dirigé par Tugan Sokhiev, avec la participation de la jeune violoniste russe Alexandra Soumm, a recueilli l’ovation enthousiaste d’un public heureux et conquis.

La jeune violoniste russe Alexandra Soumm et Tugan Sokhiev à la tête de
l'Orchestre du Capitole

Conquis tout d’abord par le jeu éblouissant de cette jeune artiste de dix-neuf ans qui donnait du concerto de Max Bruch, l’une des grandes partitions romantiques pour le violon, sa propre vision, passionnante et passionnée. La célébrité de ce compositeur n’est d’ailleurs due qu’à son concerto pour violon et orchestre, sorte de cousin du mythique concerto de Brahms par sa structure rythmique et harmonique.
La belle Alexandra Soumm, silhouette d’adolescente, frêle et élégante, fonde son approche sur une sensibilité raffinée de l’expression. Sa cadence d’entrée donne le ton, suscite immédiatement l’émotion. Et si la performance technique impressionne, c’est l’implication affective qui force l’admiration. Le violon d’Alexandra Soumm raconte une histoire sur le ton d’un lyrisme intense. La perfection d’un vibrato léger, naturel, souffle sur les braises de ses phrasés. La contribution orchestrale amplifie encore la beauté de cette interprétation. Tugan Sokhiev tisse une trame symphonique sur mesure, chargée elle aussi d’une grande émotion, sculpte le son autour des incantations solistes. La tension se libère enfin sur une éblouissante coda, explosion d’une joie sans mélange.
La technique la plus échevelée reprend la parole avec le bis que la jeune fille accorde généreusement, cette Introduction et variations sur « La Molinara » de Paesiello dans laquelle Paganini a accumulé les plus invraisemblables difficultés, dont ces redoutables pizzicati de la main gauche.
L’ouverture de Rosamunde, de Schubert, ouvrait le concert sur cette partition touchante à laquelle Tugan Sokhiev et son orchestre confèrent une force admirable. Un grand contraste expressif oppose les deux volets de l’œuvre. La tendresse du thème final est d’autant plus émouvante qu’elle suit une introduction d’une ampleur et d’une gravité impressionnantes.
La 4ème symphonie de Schumann occupe toute la seconde partie. Une joie profonde en imprègne tout le déroulement. Après une introduction construite comme un large portique, elle enchaîne ses quatre mouvements dans une diversité d’humeurs chère au compositeur. Soutenant l’architecture générale de la partition, Tugan Sokhiev soigne le détail, caractérise chaque épisode de la plus belle manière. Après la poésie champêtre de la Romance et la puissance lyrique du Scherzo une joie sans mélange conduit le final vers l’irrésistible tourbillon de sa conclusion. Oui vraiment, le bonheur absolu !

Le succès est tel que Tugan Sokhiev offre à son public, en guise de remerciement, un bis inattendu : une ouverture des Noces de Figaro prise dans le tempo ébouriffant que suggère son sous-titre, « La folle journée ».

Serge Chauzy

 

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Renseignements, détail complet de la saison et réservations : www.onct.mairie-toulouse.fr

Programme du concert

* F. Schubert
- Ouverture Rosamunde

* M. Bruch
- Concerto n° 1 pour violon et orchestre

* R. Schumann
- Symphonie n° 4


 
 
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