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Concerts/ Orchestre du Capitole / T. Sokhiev, S. Graham (06/02/09)
     

CRITIQUE

Poésie musicale

Le 6 février dernier à la Halle-aux-Grains, la grande cantatrice américaine Susan Graham était l’invitée de l’Orchestre du Capitole et de Tugan Sokhiev pour un concert de musique française qui a transporté un public conquis.


La mezzo-soprano américaine Susan Graham, Tugan Sokhiev et l’Orchestre du Capitole lors de l’exécution du cycle de mélodies « Les Nuits d’été » de Berlioz (Photo P. Nin).

Le cycle de mélodies Les Nuits d’été occupait l’essentiel de la première partie de la soirée consacrée à Hector Berlioz. L’autre face de Berlioz, celle du romantique contemplatif, par opposition à celle du révolté et de l’exalté telle qu’elle explose dans sa Symphonie Fantastique, s’épanouit dans cette série de six poèmes chantés. Une musique raffinée, pleine d’images et d’évocations subtiles illustre les textes tour à tour enjoués, nostalgiques ou exaltés de Théophile Gautier.
Le timbre généreux, coloré, chaleureux de Susan Graham se coule avec un art consommé de la nuance dans les paroles autant que dans la musique. C’est à un bain de poésie qu’elle convie une audience fascinée. Sa voix se plie avec souplesse et sensualité à la richesse harmonique de la partition et éclaire les paroles de sa prononciation naturelle et juste. Tout en différentiant les mélodies, elle n’en souligne pas moins le lien qui les enchaîne l’une à l’autre. Du grand art que l’accompagnement orchestral (tellement plus qu’un simple accompagnement !) démultiplie à l’infini. Tugan Sokhiev tisse en effet un commentaire orchestral d’une beauté absolue à laquelle chaque musicien apporte sa contribution.
L’exécution stupéfiante de l’ouverture de Béatrice et Bénédict, du même Berlioz, qui précédait celle de ces Nuits d’été avait, il est vrai, donné le ton. Tugan Sokhiev aborde cette partition sur la pointe de croches, avec une finesse et une grâce ineffables. Toute l’interprétation frémit d’une vitalité que les contrastes de couleurs aiguisent encore. Du pur champagne millésimé !
La seconde partie du concert, consacrée à la belle symphonie en ré mineur de César Franck, ne quittait pas vraiment le domaine de la musique française, même si la Belgique réclame à juste titre la paternité du compositeur liégeois. Une fois de plus, Tugan Sokhiev démontre toute la profondeur de son assimilation d’une culture musicale qui est devenue la sienne. La perfection du détail, le raffinement des nuances qu’il réclame et obtient de ses musiciens, le sens de la dynamique, le soin des couleurs orchestrales concourent presque paradoxalement au renforcement de la grande ligne qui sous-tend toute l’œuvre. Les imposants chorals de cuivre, qui évoquent les pièces d’orgue chères à César Franck, ponctuent un discours d’une irrésistible force de conviction. La sonorité générale de l’orchestre, que son chef sait admirablement adapter à chaque œuvre exécutée, se trouve ici tout particulièrement enrichie de la couleur des pupitres d’instruments à vent. Chaque soliste instrumental est à féliciter.
Le public ne s’y trompe pas qui manifeste bruyamment son bonheur d’accompagner un accord si parfait entre l’orchestre et son chef.

Serge Chauzy

 

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Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

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Programme du concert

* H. Berlioz

- Ouverture de Béatrice et Bénédict
- Les Nuits d'été

* C. Franck
- Symphonie en ré mineur

 
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