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Concerts / Orchestre du Capitole - P. Inkinen - J. Rachlin (27/11/2008)
     

CRITIQUE

Les sombres lueurs de Sibelius

Le concert du 27 novembre, donné par l’Orchestre du Capitole était entièrement consacré au grand compositeur finlandais Jean Sibelius. Dirigé par le jeune compatriote de Sibelius, Pietari Inkinen, il bénéficiait de la participation du violoniste d’origine lithuanienne Julian Rachlin.


Julian Rachlin, soliste du concerto pour violon de Sibelius dirigé par Pietari Inkinen

Créateur longtemps déconsidéré par la jeune école d’avant-garde de la première moitié du 20ème siècle (n’a-t-on pas pu lire, sous la plume de René Leibowitz qu’il s’agissait du « plus mauvais compositeur du monde » !?), Sibelius a largement démontré la richesse et l’originalité de son génie.
Les trois œuvres offertes au public de la Halle-aux-Grains, bien que très différentes de forme et d’expression possèdent en commun cette couleur d’une orchestration centrée sur les registres graves. La qualité essentielle de la direction de Pietari Inkinen consiste précisément dans le choix d’un centre de gravité sonore largement déplacé vers le bas du spectre. Bassons, contrebasses et violoncelles construisent ainsi une assise solide, ample et d'une inquiétante beauté.
La flamme patriotique constitue l’argument fondateur du court et vibrant poème symphonique Finlandia qui ouvre le concert. Dans cette pièce dramatique, la précision de la direction semble par endroit se chercher. Les équilibres sonores favorisent nettement les cuivres, sans pour autant sacrifier ni les bois ni les cordes.
Dans le magnifique concerto pour violon, la virtuosité de la partie soliste, si acrobatique qu’elle soit n’est jamais gratuite. Le jeune Julian Rachlin y déploie une belle sonorité dont la finesse du registre aigu charme immédiatement. Les quelques scories des passages tendus de la corde de sol n’affectent pas l’intensité expressive de l’exécution. Le bel équilibre, souvent difficile à obtenir, entre le violon solo et la masse orchestrale particulièrement chargée, est à porter au crédit de Pietari Inkinen.
Quant à la 2ème symphonie qui occupe toute la seconde partie, elle illumine un paysage sonore, toujours étrange, d’une obscure clarté. L’entrée hésitante, comme un rideau qui s’ouvre, conduit à une apothéose finale en forme d’aurore boréale. Le contenu expressif alterne les climats, de l’inquiétude à l’extase. Même si l’exécution manque parfois de précision dans certaines attaques, le large mouvement, la grande courbe donnent le frisson.

Serge Chauzy

 

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Renseignements, détail complet de la saison et réservations : www.onct.mairie-toulouse.fr

Programme du concert

* J. Sibelius
- Finlandia
- Concerto pour violon
et orchestre
- Symphonie n° 2


 
 

 

 

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