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Concerts / Orchestre du Capitole - T. Sokhiev/N. Freire (23/10/2008) |
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CRITIQUE
Une véritable fête de la musique
Un programme allant de Messiaen à Berlioz en passant par Franck, plus deux bis, assez inattendus, ont transformé ce concert en une véritable fête de la musique follement ovationnée.
Olivier Messiaen, dont on célèbre aujourd’hui le centenaire de la naissance, ouvrait la première partie de ce concert avec une œuvre de jeunesse : Offrandes oubliées, une méditation symphonique d’une poignée de minutes, onze très exactement, créée en 1931 au Théâtre des Champs Elysées avec un succès considérable. Messiaen, âgé, si l’on peut dire, d’à peine 23 ans, lève le voile ici sur l’une des orientations majeures de sa carrière de musicien : l’inspiration que lui apporte sa foi catholique. Cette trilogie (la croix, le péché, l’eucharistie) est également annonciatrice d’un style qui se confirmera assez rapidement par la suite. Tugan Sokhiev aborde cette partition avec humilité, un quasi recueillement dont on entend la troublante sincérité dans les sonorités d’une infinie douceur des cordes toulousaines.
Les Variations symphoniques pour piano et orchestre de César Franck qui suivaient ne sont guère plus longues (un quart d’heure). Elles furent données pour la première fois en 1886. Ni poème symphonique, ni concerto, cette partition originale enchaîne trois mouvements ininterrompus dans lesquels le piano n’est jamais véritablement un instrument soliste.
Le grand pianiste brésilien Nelson Freire transcende ses courtes interventions en des moments musicaux d’une fulgurante beauté sonore. C’est avec l’interprétation éblouissante d’un extrait du Children’s corner de Claude Debussy que cet immense pianiste prenait congé du public toulousain complètement sous le charme.
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Le pianiste brésilien Nelson Freire (Photo : Ch. Lopez) |
Un compositeur de 27 ans crée l’orchestre moderne
Il est difficile d’imaginer le choc produit par la première audition en 1830 de la Symphonie fantastique op 14 d’Hector Berlioz. Ce tout jeune compositeur français venait tout simplement de révolutionner la musique et devenait de facto l’emblème du romantisme hexagonal. Chef d’œuvre d’orchestration, cet ouvrage réclame une formation de virtuoses. L’Orchestre National du Capitole de Toulouse est familier de cette partition et l’immense travail réalisé depuis quelques années par Tugan Sokhiev trouve ici à s’exprimer pleinement. Rondeur, brillance et puissance des cordes, équilibres parfaits des pupitres, vertigineuses dynamiques, on retient son souffle pendant ces quelques cinquante minutes d’une avalanche de rythmes et de couleurs absolument incroyable.
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Tugan Sokhiev lance l’ouverture de Carmen ! (Photo : Ch. Lopez) |
L’immense ovation libératrice qui suivit trouva son corollaire dans…deux bis assez inattendus : l’intermède de Pagliacci de Leoncavallo et l’ouverture de Carmen de Bizet. Tugan Sokhiev avait décidé de faire la fête, le public ne s’est pas vraiment fait prier pour le suivre.
Robert Pénavayre
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infos |
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Programme du concert
* O. Messiaen
- "Les Offrandes oubliées"
* C. Franck
- Variations symphoniques
* H. Berlioz
- Symphonie fantastique
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Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
2008-2009
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