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Concerts / Orchestre du du Capitole - J. Swensen - Mahler (17/11/2007)
     
Le chef d'orchestre américain Joseph Swensen (Photo Eric Richmond)

CRITIQUE

Le voyage nocturne

Exécutée probablement pour la première fois à Toulouse le 17 novembre dernier, la septième symphonie de Gustav Mahler sonne à nos oreilles d’aujourd’hui comme la plus « moderne » des neuf (ou des dix si l’on inclut l’adagio de la dixième restée inachevée). Moderne sur le plan d'une écriture qui utilise la rupture comme élément de développement musical.

La partition ne cesse d’opposer les séquences, d’alterner violence et douceur, extase et exaltation, sagesse et audace. La nuit y tient la place essentielle : la nuit et ses rêves, ses peurs, ses angoisses. Les trois mouvements qui occupent le centre de cette œuvre en cinq parties illustrent principalement cette atmosphère étrange et inquiétante.

L’Adagio-Allegro con fuoco initial, telle une agonie secouée de douloureuses convulsions, et l’éblouissant et explosif final encadrent donc cette section centrale.

Mahler accumule en outre dans cette partition les plus redoutables difficultés techniques qu’un orchestre symphonique doit affronter. Les cuivres, en particulier, sont confrontés à un défi de résistance physique inouï.

Ce samedi 17 novembre dernier à la Halle-aux-Grains de Toulouse, le grand chef américain Joseph Swensen poursuivait donc, avec l’exécution de ce septième numéro, son intégrale « in loco » des symphonies de Mahler. A l’évidence, voici un artiste qui possède la carrure, le tempérament, les idées et le cœur de cette musique. Sa conviction emporte l’adhésion du public comme celles des musiciens dont il discipline chaque intervention avec rigueur mais aussi avec un chaleureux pouvoir de conviction.

Le mouvement central (« Schattenhaft », danse des ombres) prend des allures fantomatiques effrayantes. En outre, Joseph Swensen utilise le rythme obsédant de la marche comme pour évoquer les épisodes de la saga « Des Knaben Wunderhorn » dont l’œuvre entier de Mahler se nourrit. Il souligne les contrastes expressifs qui manifestent une stupéfiante instabilité du propos. De l’étrange procession qui anime la première « Nachtmusik » à la sérénade fantasque (avec guitare et mandoline) dont se moque la seconde, on débouche sur l’exaltation quasi hystérique du final.

On ne saurait rendre compte de cette flamboyante interprétation sans mentionner la performance instrumentale des solistes de ce très bel Orchestre du Capitole. Une mention spéciale à l’endurance, à la précision, et à la musicalité du trompette solo René-Gilles Rousselot, du cor solo Jacques Deleplancque et du valeureux cor ténor qui ouvre l’œuvre.
A quand la suite de cette belle série ?

Serge Chauzy

 

 

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Programme du concert

* G. Mahler
- Symphonie n° 7

 

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