|
|
Concerts / Orchestre du du Capitole - T. Sokhiev, V. Repin (01/02/2008) |
| |
|
|
CRITIQUE
Touchés par la grâce !
« La musique part du cœur pour aller vers le cœur ». Cet aphorisme de Beethoven était manifestement au programme du concert du 1er février dernier que l’Orchestre du Capitole donnait à la Halle-aux-Grains sous la direction de Tugan Sokhiev avec la participation du grand violoniste russe Vadim Repin.
|

Le jeune violoniste russe
Vadim Repin |
|
Le concerto pour violon et orchestre de Beethoven réunissait ainsi les deux compatriotes animés d'une même foi en la musique, d'un même élan généreux.
Le concert reste un lieu magique où peuvent s’accomplir des miracles. Cette exécution du chef-d’œuvre de Beethoven en constitue la preuve flagrante. Dès les premières mesures orchestrales de l’allegro initial, le temps est suspendu. L’entrée en scène du violon apporte la lumière. Sous la direction attentive, concentrée de Tugan Sokhiev, la phalange toulousaine commente, provoque, console la déclamation du soliste. Vadim Repin s’épanche avec pudeur dans une parfaite symbiose avec l’orchestre. Sonorité dorée, pianissimi impalpables qui font que l’on retient sa respiration, amples phrasés, finesse suprême d’un chant qui va droit au cœur, l’émotion affleure à tout instant. Un dialogue de musique de chambre s’établit avec les différents pupitres. |
Après le rêve éveillé du larghetto, l’irruption de la lumière du rondo final éblouit la scène imaginaire. Dans les deux cadences signées Fritz Kreisler, Vadim Repim porte son splendide Guarneri del Gesù à incandescence. Un vrai et rare bonheur prolongé par un bis iconoclaste. Vadim Repin y requiert l’assistance des cordes de l’orchestre auxquelles il confie un accompagnement en pizzicato, alors qu’il se lance dans des variations ébouriffantes sur le fameux Carnaval de Venise. Délirant ! |
Tugan Sokhiev (photo P. Nin) |
|
Pour ajouter au bonheur des mélomanes, Tugan Sokhiev insuffle à la 7ème symphonie de Beethoven, véritable fête du rythme, une énergie bondissante. L’introduction dramatique et solennelle se fond dans un vivace soutenu, brillant, contrasté. Emouvant comme une confidence, l’allegretto est suivi d’un presto haletant et étourdissant. Quant à la fulgurante chevauchée finale, elle laisse l’auditeur ébloui et heureux. L’orchestre suit avec précision chaque nuance initiée par le chef. La timbale mène la danse, entraînant tous les pupitres dans une orgie de couleurs et de lumière.
L’ouverture de l’opéra « Der Freischütz », de Carl Maria von Weber donnée en introduction avait marqué les esprits par la grandeur dramatique de l’expression et donné le ton de cet éblouissant concert dont les interprètes, oui vraiment, étaient touchés par la grâce. |
Serge Chauzy
|
|
|
infos |
| |
|
|
|
Programme du concert
* C. M. von Weber
- « Der Freischütz » Ouverture
* L. v. Beethoven
- Concerto pour violon et orchestre en ré majeur.
* L. v. Beethoven
- Symphonie n° 7 en la majeur |
| |
|