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Concerts / Orchestre du du Capitole / T. Sokhiev - T. Mork (06/12/2007) |
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Tugan Sokhiev à la tête de l'Orchestre du Capitole |
CRITIQUE
Toutes les couleurs de la Russie
Une redoutable précision, un contrôle absolu de la dynamique, un sens inné de la couleur, décidemment, les talents de chef de Tugan Sokhiev, à la tête d’un Orchestre du Capitole en progression constante, ne cessent de s’affirmer au fil des concerts. Et lorsqu’il s’agit de musique russe, l’évidence s’impose d’elle-même.
Le 6 décembre dernier, Borodine et Chostakovitch côtoyaient Dvorak au cours d’une belle soirée slave qui comptait comme soliste invité le grand (dans tous les sens du terme) violoncelliste norvégien Truls Mork. Un artiste d’exception qui allie richesse sonore et pouvoir expressif sans complaisance, rigueur et émotion. |

Le violoncelliste norvégien
Truls Mork (Photo Simon Fowler)
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Le concerto pour violoncelle et orchestre de Dvorak reste l’emblème des grandes partitions romantiques dédiées à l’instrument lyrique par excellence. Le compositeur y soumet le soliste aux éclats d’un orchestre éblouissant. Le commentaire de la phalange toulousaine s’impose dès la vaste introduction de l’Allegro. Truls Mork, quant à lui, déploie son jeu d’une sensibilité extrême et d’une grande beauté formelle. Tout au long de l’œuvre, finesse et noble grandeur vont de pair. Après un Adagio profond et subtil, la ferveur du 3ème mouvement s’exprime dans une sorte de course désespérée, jusqu’à la délivrance finale. |
En ouverture, Tugan Sokhiev avait choisi d’explorer l’esquisse symphonique de Borodine « Dans les steppes de l’Asie Centrale ». Pris dans un tempo ample et nostalgique, les deux thèmes naissent, se mêlent, s’affrontent et s’éloignent avec une poésie profondément slave. Tugan Sokhiev obtient de l’orchestre les couleurs mordorées qui lui donnent un authentique « accent russe ».
La plus célèbre des symphonies de Chostakovitch, la 5ème, conclut la soirée sur un ouragan tragique. Quelle formidable prestation orchestrale ! L’angoisse qui naît des premières mesures s’insinue partout. Le double langage du compositeur, faussement laudateur et viscéralement critique du régime stalinien, s’exprime par l’ironie grinçante. L’extrême souffrance du largo va droit au cœur. Quant au final, apothéose d’ambigüité, son explosion, en apparence triomphale, traduit un paroxysme tragique. Rarement l’orchestre aura sonné avec cette ample profondeur, avec ces couleurs sombres et intenses. Chaque pupitre est à féliciter chaleureusement : l’éclat des cuivres, la tension des cordes, la rondeur des bois, la précision des percussions. Bravo !
Serge Chauzy
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infos |
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Programme du concert :
* A. Borodine
- Dans les steppes de l'Asie Centrale
* A. Dvorak
- Concerto pour violoncelle et orchestre
* D. Chostakovitch
- Symphonie n° 5
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