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Concerts / Orchestre du Capitole, Renaud Capuçon, dir. Tugan Sokhiev (17/01/2008)
     

CRITIQUE

Création triomphale

En prélude aux deux concerts du festival Présences qui faisait escale à Toulouse, l’Orchestre du Capitole, sous la direction de son dynamique premier chef invité, Tugan Sokhiev, présentait aux Toulousains, le 17 janvier dernier, la création mondiale du concerto pour violon et orchestre de Karol Beffa.


Tugan Sokhiev, le compositeur Karol Beffa et le violoniste Renaud Capuçon à l'issue de la création du concerto pour violon de Karol Beffa (photo Patrice Nin)

Compositeur en résidence auprès de l’Orchestre du Capitole, Karol Beffa a déjà écrit pour cette phalange, une pièce orchestrale flamboyante, « Paradis artificiels », créée le 29 mars 2006 à la Halle-aux-Grains. Il s’agissait donc cette fois d’une œuvre concertante dédiée au violoniste Renaud Capuçon qui en assurait la création. La proximité temporelle et géographique du festival de création musicale de Radio-France constituait l’opportunité idéale pour cette naissance.

Cette grande et belle oeuvre explore des « climats étales, contemplatifs, harmoniques ». Le premier des deux volets qui la composent s’ouvre sur un émouvant battement de cœur ponctué par la harpe soliste, un peu à la manière de Bartók dans son second concerto pour violon. Comme en une lente déploration, le violon solo entonne un chant obsessionnel d’un touchant lyrisme qui parcourt toute l’œuvre. L’inquiétude, l’angoisse explosent par instants, sans rompre la lente marche du soliste vers le silence, dans une tension constante. Voici enfin une musique chaleureuse qui fuit les effets et qui parle directement à la sensibilité de chacun. L’engagement, la conviction de Renaud Capuçon, la beauté formelle de son jeu, rendent justice à cette belle création. Il faut également louer les chatoiements colorés de l’Orchestre du Capitole que maîtrise parfaitement son chef. L’ovation chaleureuse que reçoivent Karol Beffa, Renaud Capuçon et Tugan Sokhiev prouve, si besoin était, que rien ne s’oppose à la diffusion auprès du plus large public de la musique d’aujourd’hui.

L’exécution du concerto était judicieusement précédée de celle d’une des grandes partitions de jeunesse d’Olivier Messiaen (dont on célèbre précisément cette année le centenaire de la naissance), « Les Offrandes Oubliées ». Ce triptyque (La croix - Le péché - L’eucharistie), dont la structure adopte une sorte de négatif de la forme sonate (lent-rapide-lent), déroule son extase mystique d’une beauté intemporelle. Tugan Sokhiev trouve dans son orchestre les couleurs évanescentes dont Messiaen pare les volets extrêmes de cette prière tout autant que l’effervescente vénéneuse du volet central.

Au cours de la seconde partie du concert, Tugan Sokhiev porte véritablement l’orchestre à incandescence dans l’exécution de la 5ème symphonie de Prokofiev, une musique qui semble couler dans ses veines. Le chef sculpte avec conviction la belle matière sonore de la phalange toulousaine qui prend ici les sombres couleurs des orchestres russes. L’intensité lyrique, l’ivresse rythmique y explosent dans la plus exaltante ferveur. L’impact sur le public est tel que la fin de la symphonie doit être bissée dans l'euphorie générale!

Serge Chauzy

 

 

 

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Renseignements, détail complet de la saison de l'Orchestre du Capitole et réservations : www.onct.mairie-toulouse.fr

Programme du concert


* O. Messiaen
- Les Offrandes oubliées

* K. Beffa
- Concerto pour violon et orchestre (création mondiale)

* S. Prokofiev
- Symphonie n° 5




 
 

 

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