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Concerts/ Les Arts Renaissants / Le salon Viennois (08/11/2006)
     

Les musiciens de l'ensemble "Le Salon Viennois", réunis autour du pianoforte de
Yasuko Bouvard

     

CRITIQUE

Eblouissante démonstration

Le concert d’ouverture de la saison des Arts Renaissants, le 8 novembre dernier, offrait à ses habitués une double première. Le baptême public d’un splendide pianoforte et celui d’un très bel ensemble instrumental, le Salon Viennois.

L’auditorium Saint-Pierre des Cuisines révélait en effet pour la première fois la copie, réalisée par Christopher Clarke, d’un illustre pianoforte des années 1790, signé Anton Walter, célèbre facteur viennois, et conservé au Germanisches National Museum de Nuremberg.

Commandée à Christopher Clarke voici plus de dix ans par Yasuko Bouvard, cette copie voit enfin les lumières de la salle de concert après une année de pratique de la part de sa commanditaire. Immédiatement séduite par la beauté sonore et les possibilités de ce pianoforte, Yasuko Bouvard a réuni autour d’elle quatre musiciens jouant sur instruments à vent de la même époque. Ainsi est né « Le Salon Viennois ».

Laurent Le Chenadec, basson et Gilles Rambach, cor, enseignants au Conservatoire National de Région de Toulouse, Patrick Beaugirard, hautbois, professeur de hautbois baroque au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon et François Gillardot, clarinette et professeur au Conservatoire d’Orléans, forment ainsi avec Yasuko Bouvard un ensemble d’une remarquable qualité sonore et expressive.

Le sublime Quintette pour pianoforte et instruments à vent KV 452 de Mozart ainsi interprété retrouve une nouvelle jeunesse. Le rapport des sonorités entre le clavier et les vents atteint une sorte d’idéal. Le pianoforte distille un bouquet de timbres d’une incroyable richesse. Son dialogue avec les vents met en évidence une palette de couleurs qui en fait une sorte de caméléon sonore. De la douceur à l’éclat, le jeu de l’interprète se mêle à celui de ses brillants partenaires avec une mobilité et une finesse extrêmes.

Seule à son clavier, Yasuko Bouvard aborde ensuite la troublante sonate en ut mineur KV 457 du même Mozart. Cette partition prémonitoire trouve en elle une interprète de tout premier plan. Mêlant les couleurs de son instrument avec l’habileté d’un peintre, Yasuko Bouvard dévoile ici la plus touchante des sensibilités. Toutes les nuances intermédiaires concourent à la richesse d’un jeu toujours renouvelé. Après l’intime méditation de l’adagio, l’allegretto final donne la main, par delà les années, au dernier Schubert. L’intensité des silences, la récurrence des obsessions (quelle poignante ritournelle !) touchent au cœur de l’émotion.

Enfin, dans le quintette op. 16 de Beethoven, qui reprend la même tonalité et la même forme que son modèle mozartien, les interprètes brillent du même éclat. Chaque musicien trouve le parfait équilibre entre jeu soliste et jeu collectif. La virtuosité et la musicalité de chacun (finesse du hautbois, volubilité de la clarinette, douceur profonde du basson, chaleureuses interventions du cor, et bien sûr raffinement absolu du pianoforte) génèrent un bonheur de chaque instant.

Longue vie au Salon Viennois !

Serge Chauzy



 

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Les Arts Renaissants, 24 rue Croix Baragnon 31000 Toulouse
tél : 05 61 25 27 32
E-Mail : Les-Arts-Renaissants@wanadoo.fr

 
 

 

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