www.classicToulouse.com
ARCHIVES
 
 

 

Concerts/ Les Arts Renaissants / "Entre ciel et terre" - Quatuor Modigliani, François Salque - 10/11/2010
     

CRITIQUE

Irrésistible Quatuor Modigliani

Après seulement sept ans d’existence, ce tout jeune quatuor à cordes n’en finit pas de surprendre et d’éblouir. Invités pour l’ouverture de la saison des Arts Renaissants, les quatre garçons dans le vent qui le composent, rejoints par le violoncelliste François Salque, ont enthousiasmé le public du salon rouge du musée des Augustins. C’était le 10 novembre dernier.

Si le quatuor à cordes constitue peut-être la formation de chambre la plus parfaite, la plus équilibrée, la plus inspirante pour les compositeurs, elle n’en est pas moins la plus exigeante pour les musiciens. La fusion des sonorités, la précision du rythme, la compatibilité des moyens expressifs sont des nécessités impératives que la pratique quotidienne se doit de forger. Toutes ces qualités, les membres du quatuor Modigliani semblent les perfectionner à chacune de leur apparition. Les regards échangés, la respiration commune, la précision diabolique, la beauté intrinsèque des sonorités, l’homogénéité et la pureté des timbres, l’énergie sans limite qu’ils déploient sont admirablement placés au service du grand répertoire qu’ils défendent. Le brillant premier violon Philippe Bernhard, bien dans son rôle de leader, ne tire pas pour autant la couverture à lui. Le second violon poète Loïc Rio, l’alto vocal de Laurent Marfaing et le violoncelle chaleureux de François Kieffer se complètent harmonieusement.


Les jeunes musiciens du Quatuor Modigliani, acclamés à la fin de leur concert au musée des Augustins de Toulouse. De gauche à droite : Philippe Bernhard, Loïc Rio, Laurent Marfaing, François Kieffer et François Salque second violoncelle (Photo Classictoulouse)

Ainsi abordé, le quatuor n° 4 de l’op. 76 de Joseph Haydn, qui ouvre la soirée, réjouit l’esprit dès le premier motif tout imprégné de poésie évocatrice. D’ailleurs, n’a-t-on pas baptisé ce quatuor « Lever de soleil » en raison de ces premières divines mesures ? La perfection instrumentale des interprètes, les contrastes qu’ils soulignent avec un naturel confondant, la réactivité de chacun font merveille. Le temps comme suspendu de l’Adagio, la légèreté pleine d’un esprit typiquement haydnien, l’effervescence du final réjouissent le cœur et l’esprit.
Les Modigliani ont une prédilection particulière pour le dernier quatuor de Felix Mendelssohn qu’ils mettent assez souvent à leur programme. Et comme on les en remercie ! Cette œuvre sublime d’hommage à la sœur du compositeur prématurément disparue, parfois baptisée pour cela « Requiem pour Fanny », sonne comme une révolte contre cette mort injuste. Les quatre musiciens se l’approprient avec rage et détermination. Le dramatique Allegro vivace assai prend à la gorge. Il s’achève sur un déchirant cri de douleur. Après un haletant Allegro assai et un Adagio élégiaque, touchant comme une prière, le final Allegro molto renoue avec la révolte inconsolable du frère. La force de cette partition, définitivement placée sous le signe de la mort, puisque Felix Mendelssohn lui-même disparaitra quelques mois après sa composition, ne saurait trouver interprètes plus engagés que ces jeunes musiciens.
Rejoints par l’excellent violoncelliste François Salque, les membres du Quatuor Modigliani plongent enfin dans le chef-d’œuvre des chefs-d’œuvre, l’incomparable Quintette en ut majeur avec deux violoncelles de Franz Schubert. Le sommet musical et expressif de la partition (l’un des sommets de toute la musique), ce bouleversant Adagio qui arrête le temps, inspire au plus haut point les cinq compères. Ponctuée de ces pizzicati déchirants, la mélodie, comme hésitante et incantatoire, paraphrase ici « Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée », que Gérard de Nerval cite dans le dernier vers de son poème « El Desdichado ». La rage du Scherzo trouve enfin sa résolution dans la large respiration du final Allegretto. On ne sort pas indemne d’une telle interprétation… Remercions ces artistes de n’avoir pas cédé aux demandes de bis du public enthousiaste. Que jouer après une telle musique ?

Serge Chauzy

 

infos
 

Renseignements et réservations :

- par correspondance à l'adresse :
Les Arts Renaissants, 22 bis rue des fleurs  31000 Toulouse

- par téléphone :
05 61 25 27 32

- par e-mail :
Les-Arts-Renaissants@wanadoo.fr

- par internet : 
www.les-arts-
renaissants.org


Programme du concert du 10 novembre 2010 donné à 20 h 30 dans le salon rouge du musée des Augustins :

* J. Haydn

- Quatuor n° 4 op. 76 en si bémol majeur "Lever de Soleil"

* F. Mendelssohn
- Quatuor n° 6 op. 80 en fa mineur

* F. Schubert
- Quintette en ut majeur
D 956 pour deux violons, alto et deux violoncelles


Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines

 
2010-2011
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index