|
|
Concerts/
Les Arts Renaissants /
Bertrand Chamayou, Nicolas Baldeyrou
04/03/2009 |
| |
|
|
CRITIQUE
Fascinant duo
Le pianiste Bertrand Chamayou et le clarinettiste Nicolas Baldeyrou, invités de la saison des Arts Renaissants, ont véritablement fasciné le nombreux public du salon rouge du musée des Augustins. Ils présentaient, ce 4 mars, un programme de duos d’une belle ouverture d’esprit.
De Weber à Berg, ces artistes, à l’orée d’une carrière qui s’annonce brillante pour chacun d’eux, explorent ces répertoires divers avec un sens de la communion musicale et de l’échange qui fait chaud au cœur. |

Le pianiste Bertrand Chamayou lors de la remise de sa Victoire de la musique classique en 2006 |
|
Déjà très apprécié de ses compatriotes toulousains, Bertrand Chamayou dépasse à chacune de ses apparitions les espoirs que tous les mélomanes avaient placés en lui lors de ses débuts. Son impeccable technique digitale ne masque jamais la profonde musicalité de son jeu, à la fois sensible et intelligent et qui, comme le proclamait Rameau « cache l'art par l'art même ». Ses talents d’accompagnateur en font un compagnon en musique particulièrement recherché, subtil, discret mais tellement présent.
Le jeune clarinettiste Nicolas Baldeyrou, qui se produisait à Toulouse pour la première fois, déploie une palette de timbres, un sens du phrasé, une dynamique, dignes des plus grands. Et quel legato ! Chez lui aussi la virtuosité instrumentale, si parfaite qu’elle sait se faire oublier, sert avant tout la musique. Ses pianissimi impalpables, à couper le souffle, donnent le vertige. |
Voici un artiste dont il faudra suivre les apparitions.
Nos deux compères, complices jusqu’au bout des croches, abordent la tardive sonate de Saint-Saëns, avec une finesse, un lyrisme et un sens de l’agogique impressionnants. |
.jpg)
Le clarinettiste Nicolas Baldeyrou (Photo Eric Fougère) |
|
Ils exploitent avec intelligence et sensibilité le caractère cyclique de cette partition touchante.
Dans la Rhapsodie de Debussy, les interprètes convoquent comme un souvenir du fameux « Prélude à l’après-midi d’un faune » : fantaisie, grâce légère et comme chorégraphique… Nostalgie et gouaille mêlées parcourent leur exécution de la sonate pour clarinette et piano de Poulenc. La volubilité de Nicolas Baldeyrou y fait merveille.
Dans les trop rares « Vier Stücke » d’Alban Berg, les deux artistes soulignent l’extrême concentration, la tension presque insoutenable des silences, si proche de Webern, le drame qui semble tapi sous l’écume des vagues. L’intensité expressive atteint son paroxysme dans la quatrième pièce, admirablement déclamée jusqu’à son terme, comme un retour vers le néant.
|
Tout imprégné de virtuosité élégante mais comme inspiré de lyrisme opératique, le Grand Duo concertant de Carl Maria von Weber instaure un véritable dialogue entre les deux protagonistes. Les échanges vifs et animés, les grands élans chaleureux des mouvements extrêmes qui alternent avec le recueillement émouvant de l’andante central sont magnifiquement assumés par les deux interprètes.
Deux bis leur sont réclamés. Le premier volet des Préludes de Danse du grand Lutoslawski, chatoyant et coloré, et le premier des célèbres Fantasiestücke, profondément romantique, témoignent une fois de plus de la grande ouverture d’esprit de ces deux artistes attachants que l’on espère revoir bientôt sous nos cieux.
Serge Chauzy
|
|
|
infos |
| |
Renseignements
et réservations :
Les Arts Renaissants,
24 rue Croix Baragnon
31000 Toulouse
tél : 05 61 25 27 32
E-Mail : Les-Arts-
Renaissants@wanadoo.fr
|
|
Programme du concert
* C. Saint-Saëns
- Sonate pour clarinette et piano op. 167
* C. Debussy
- Rhapsodie
* F. Poulenc
- Sonate pour clarinette et piano
* A. Berg
- 4 Stücke op. 5
* C. M. von Weber
- Grand Duo concertant en mi bémol majeur op. 48
|
|
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
|
|
|
2009-2010 |
|
|
| |
|
|
|
|
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
|
| |
2008-2009 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
| |
| |
|