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Concerts/
Les Arts Renaissants / Quintette Moraguès (16/01/2008) |
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CRITIQUE
Du vent dans les toiles
Le 16 janvier dernier, les tableaux du salon rouge du musée des Augustins accueillaient, dans la cadre de la saison des Arts Renaissants, les musiciens du quintette Moraguès. Cinq artistes qui pratiquent, au plus haut niveau, les instruments à vent avec la cohésion, la cohérence même, d’un quatuor à cordes. Il s’agit là d’un ensemble permanent qui met à son répertoire aussi bien des œuvres originales pour sa formation que des transcriptions de partitions diverses.
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Les musiciens du quintette Moraguès |
Les trois frères Moraguès, Michel le flûtiste, Pascal le clarinettiste, Pierre le corniste, ont été rejoints par le bassoniste Patrick Vilaire et le hautboïste David Walter qui réalise en outre l’essentiel des adaptations musicales.
Les Six Bagatelles pour quintette à vents, du Hongrois György Ligeti, transcriptions par le compositeur lui-même de six de ses 11 pièces pour piano intitulées Musica Ricercata, ouvrent la soirée. Cette partition, virtuose, brillante, joue sur les contrastes d’atmosphère. Ainsi, l’intense et tragique deuxième pièce est suivie d’une pastorale détendue. L’ombre de Bartok plane sur les quatrième et cinquième pièces au parfum populaire. Le quintette Moraguès en souligne la vivacité des arêtes, l’invention, la diversité des couleurs.
La version pour quintette à vents du quatuor à cordes KV 421 de Mozart sonne comme une tout autre œuvre. Elle ajoute une sorte de mélodie de timbres à l’original. Le caractère automnal, douloureux parfois, de cette sublime partition trouve d’autres chemins pour émouvoir. L’interprétation souligne avec habileté l’andante élégiaque, l’inquiétude du menuet dont le trio semble avoir été écrit pour la flûte, le kaléidoscope des variations finales, tour à tour joyeuses, fébriles ou angoissées.
Le fameux quatuor à cordes n° 12, « Américain », la plus célèbre des pièces de musique de chambre de Dvorak, se prête parfaitement à la transcription. Les instruments à vent y déploient toutes les couleurs des grandes plaines du nouveau continent, telles qu’elles ont dû frapper le compositeur au cours de son séjour. Les interprètes construisent admirablement l’atmosphère nocturne du lento, organisent le jeu du molto vivace et développent avec imagination le caractère festif et panthéiste du vivace final.
Un bis extrait de la suite de Carmen de Bizet, réjouit encore un public déjà conquis.
Serge Chauzy
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infos |
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Programme du concert
* G. Ligeti
- Six Bagatelles pour
quintette à vents
* W. A. Mozart
- Transcription pour quintette à vents du quatuor à cordes KV 421
* A. Dvorak
- Transcription pour quintette à vents du quatuor "Américain"
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